Regarder
Regarder un vitrail ancien, c’est souvent commencer par un détail.
Une courbe qui revient, une bordure qui conduit le regard, une ligne de plomb qui relie deux formes,
un équilibre entre une couleur dense et une zone plus claire.
Ces fragments peuvent sembler modestes, presque secondaires dans l’ensemble d’une verrière.
Pourtant, ils contiennent déjà une logique, une respiration, une manière d’organiser l’espace.
C’est dans cette attention portée aux détails que certaines Lunes trouvent leur origine.
Transformer
L’inspiration ne prend véritablement sens qu’au moment où elle cesse d’être citation
pour devenir transformation.
Lunes 10 reprend des dessins issus de vitraux cisterciens des abbayes
de La Lucerne d’Outre-mer, de Pontigny, de Fontenay et de Clairvaux.
Ces motifs, détachés de leur contexte d’origine, sont recomposés dans un panneau contemporain
où ils rencontrent une autre lumière, une autre matière et un autre rythme.
De la même manière, Lunes 9 et Lunes 11 dialoguent avec des fragments
de Saint-Thimothée et de L’Enfance du Christ.
Transmettre
Regarder derrière soi ne signifie pas revenir en arrière.
Les formes anciennes portent avec elles une mémoire : celle des gestes, des ateliers,
des édifices et des générations de verriers qui les ont fait naître.
En les accueillant dans une création nouvelle, cette mémoire ne reste pas figée ; elle continue à circuler.
Dans les Lunes, les références historiques changent ainsi d’échelle, de fonction et parfois même de sens.
Elles deviennent rythme, matière, équilibre et lumière.
La tradition n’est alors plus un modèle à reproduire, mais une présence avec laquelle continuer à créer.