L’atelier

Une lumière née de la matière, façonnée par un geste ancestral.

Le vitrail commence par une observation : regarder le verre, comprendre sa matière, anticiper ce que la lumière en révélera, puis laisser les gestes et les outils donner forme au projet.

Sélection d’un verre coloré dans l’atelier des Verres de Moisenay
Parcours

Apprendre les gestes pour les transmettre à son tour.

Formé au Centre International du Vitrail de Chartres sous la houlette de Sylvie Roudaut, Maître verrier, j’y ai approfondi les techniques du vitrail et l’exigence du geste.

Cette formation nourrit aujourd’hui autant les créations de l’atelier que les ateliers de découverte, où la transmission occupe une place essentielle.

Dans l’atelier

Les matières et les gestes de l’atelier.

Le verre d’abord, puis les métaux qui le structurent, les verres singuliers, la cuisson et enfin les outils : quelques éléments qui racontent le quotidien du verrier.

Plaque de verre vert et ambre observée devant la lumière
Le verre — la matière essentielle, observée avant même d’être coupée.
Baguettes de plomb et tiges d’étain dans l’atelier
Les métaux — plombs et étain donnent au vitrail sa structure.
Cives et échantillons de verre coloré dans l’atelier
Les cives — la matière devient relief, vibration et lumière.
Four de verrier ouvert dans l’atelier
Le four — une autre dimension du vitrail : peindre, cuire, fixer.
Pinces de verrier et débris de verre coloré
Les outils — chacun prolonge un geste précis.
01
Le regard

Avant les gestes, il y a le regard.

Une feuille de verre ne se choisit pas seulement pour sa couleur. On l’observe à contre-jour, on la déplace, on la retourne.

Une veine, une bulle, une variation d’épaisseur ou une zone plus lumineuse peuvent devenir un élément du dessin. Le regard précède donc la coupe : il décide déjà de la place que prendra la matière dans l’œuvre.

02
La matière

Deux matières opposées, une même œuvre.

« Le verre sublime la lumière, le plomb la soutient. Rigide mais fragile pour l’un, souple et solide pour l’autre, de cette idylle naît le vitrail. »

Le verre apporte la couleur, la transparence et les vibrations. Le plomb, plus discret, relie les pièces et donne au dessin son ossature. Leur opposition est aussi leur complémentarité.

03
Les gestes

Chaque étape appelle sa propre maîtrise.

Tracer, couper, gruger*, sertir, souder, peindre : aucun geste n’est accessoire.

Chacun constitue une étape différente du travail et demande sa propre pratique, sa précision et son apprentissage. La qualité du vitrail naît autant de leur succession que de la maîtrise individuelle de chacun d’eux.

* Gruger : reprendre progressivement le bord d’une pièce de verre par petites morsures successives afin d’en corriger la forme.

04
Les outils

Des outils qui prolongent la main.

Certains outils sont immédiatement reconnaissables ; d’autres appartiennent presque exclusivement au vocabulaire du verrier.

Coupe-verre traçant une ligne de coupe sur une pièce de verre ambre

Le coupe-verre

Il trace la ligne de rupture et prépare le verre à se séparer exactement là où le geste l’a décidé.

Pince à gruger reprenant le bord d’une pièce de verre ambre

La pince à gruger

Elle reprend le bord du verre par petites morsures et affine une forme après la coupe.

Couteau à plomb utilisé sur une baguette de plomb

Le couteau à plomb

Il coupe et travaille les baguettes de plomb qui accueilleront les pièces de verre.

Blaireau étendant un lavis sur une plaque de verre

Le blaireau

Il permet de déposer, étendre et nuancer les lavis de grisaille avec souplesse.

Putois posé près d’une texture réalisée sur une plaque de verre

Le putois

Sa matière et sa nervosité permettent des effets plus francs, des reprises et des textures particulières.

Four de verrier ouvert avec des pièces peintes prêtes à être cuites
Et puis il y a le four

Il ouvre un autre chapitre : celui du feu.

Après les outils qui coupent, façonnent et peignent vient le moment où la chaleur fixe durablement les grisailles et les émaux dans le verre.

05
Le feu

Le feu donne naissance au verre ; des siècles plus tard, il fixe encore sa mémoire.

À l’origine comme à l’achèvement, le feu accompagne le verre.

C’est par la fusion que la silice et les autres matières premières deviennent cette matière capable de recevoir, filtrer et transformer la lumière. Plus tard, le feu intervient encore : il fixe dans le verre les grisailles et les émaux et leur permet de traverser les siècles.

De sa naissance à son décor, le verre reste intimement lié au feu. Il est l’un des éléments indispensables de l’artisanat du verre, même lorsque le visiteur ne le soupçonne pas.

Médaillon des Verres de Moisenay avec esquisse de vitrail et ancien coupe-verre
L’emblème

Du dessin à l’outil.

L’ancien coupe-verre et l’esquisse réunissent le projet, la matière, la main et le passage du dessin à la lumière.